Plan d’Épargne Retraite (PER) : ce qui change en 2026 pour votre gestion patrimoniale

Le Plan d’Épargne Retraite (PER), institué par la loi PACTE du 22 mai 2019, s’est imposé comme l’enveloppe de référence pour préparer financièrement sa retraite en France. Avec plus de 10 millions de détenteurs recensés en 2024 selon l’AMF, ce produit a progressivement remplacé les anciens PERP, Madelin et PERCO.

L’année 2026 marque un tournant réglementaire significatif pour le PER. Plusieurs dispositions issues de la loi de finances pour 2026 et de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 modifient les règles fiscales applicables, notamment pour les épargnants proches ou au-delà de 70 ans. Un conseil en gestion de patrimoine rigoureux implique de maîtriser ces évolutions pour anticiper leurs effets sur sa stratégie d’épargne.

Ce qui change concrètement en 2026

1. Fin de la déductibilité fiscale des versements après 70 ans

Jusqu’au 31 décembre 2025, les versements volontaires sur un PER individuel étaient déductibles du revenu imposable, sans limite d’âge, dans les plafonds légaux fixés chaque année. Depuis le 1er janvier 2026, cette déductibilité est supprimée pour les épargnants qui effectuent des versements après leur 70e anniversaire.

Cette mesure vise à encadrer les stratégies d’optimisation successorale tardive : certains contribuables utilisaient le PER après 70 ans non plus pour préparer leur retraite, mais principalement pour réduire leur base imposable et transmettre un capital fiscalement allégé.

Concrètement :

  • Les versements après 70 ans restent techniquement autorisés
  • Ils ne génèrent plus d’avantage fiscal à l’entrée
  • Ils sont traités comme des versements non déduits, avec les conséquences fiscales correspondantes à la sortie : exonération d’IR en cas de sortie en capital, régime des rentes viagères à titre onéreux en cas de sortie en rente

2. Extension du report des plafonds de déduction de 3 à 5 ans

En contrepartie de la restriction précédente, la loi de finances 2026 allonge la période de report des plafonds non utilisés. Ce report, qui était limité à 3 années fiscales, est désormais porté à 5 ans.

Ce mécanisme permet à un épargnant n’ayant pas utilisé l’intégralité de son plafond de déduction une année donnée de reporter le solde non consommé sur les 5 années suivantes. Cela représente une opportunité accrue pour les profils à revenus variables (professions libérales, dirigeants de PME, travailleurs indépendants) ou pour ceux qui souhaitent concentrer des versements importants dans les années précédant leur 70e anniversaire.

Plafond de déduction 2026 (versements avant 70 ans) : le plus élevé des deux montants suivants :

  • 10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente (N-1), dans la limite de 37 680 €
  • Ou le plancher minimal de 4 710 € (10 % du PASS 2025)

Source : impots.gouv.fr, plafonds 2026

3. Hausse des prélèvements sociaux sur les gains du PER

La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 relève le taux global des prélèvements sociaux applicables aux gains des produits d’épargne, dont les PER. Ce taux passe de 17,2 % à 18,6 %, reflet d’une augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG) votée dans le cadre du budget 2026.

Cette hausse s’applique sur la fraction des gains (intérêts, plus-values) accumulés dans le PER lors de la sortie ou du rachat. Elle concerne également les autres enveloppes d’épargne soumises aux prélèvements sociaux (assurance-vie, PEL, etc.).

Quelles implications pour la gestion de patrimoine ?

Anticiper les versements avant 70 ans

Les nouvelles règles renforcent l’intérêt d’une stratégie de versements concentrée avant 70 ans. L’extension du report de plafonds à 5 ans offre davantage de flexibilité pour optimiser les déductions sur plusieurs exercices fiscaux consécutifs.

Un épargnant de 60 à 68 ans dispose désormais d’une fenêtre élargie pour maximiser ses versements déductibles, en lissant les apports selon son revenu imposable annuel. Dans le cadre d’un conseil patrimoine personnalisé, cette paramétrisation temporelle des versements devient un axe stratégique à part entière.

Évaluer le mode de sortie selon sa situation

La fiscalité à la sortie reste un paramètre déterminant dans le choix du mode de liquidation du PER :

  • Sortie en capital (versements déduits) : imposition à l’IR (barème progressif) pour la part correspondant aux versements ; flat tax 30 % (ou barème sur option) pour les gains
  • Sortie en rente viagère : régime des pensions de retraite avec abattement de 10 %, soumis aux prélèvements sociaux au taux désormais de 18,6 % sur une fraction de la rente

La hausse des prélèvements sociaux renforce mécaniquement le coût de la sortie en rente à titre gratuit par rapport aux projections antérieures.

PER et stratégie successorale : un changement de paradigme

Jusqu’en 2025, le PER bénéficiait d’un régime successoral avantageux en cas de décès avant le dénouement : les capitaux transmis bénéficiaient, sous conditions, d’une exonération jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire (même régime que l’assurance-vie avant 70 ans). Cette caractéristique avait conduit certains gestionnaires de patrimoine à préconiser des versements tardifs dans une optique successorale.

La suppression de la déductibilité après 70 ans neutralise l’avantage en matière d’IR, sans modifier le traitement successoral. La réflexion sur l’outil pertinent pour la transmission patrimoniale doit donc intégrer l’ensemble de ces dimensions.

Risques et limites à prendre en compte

Plusieurs points d’attention méritent d’être soulignés dans le cadre d’une gestion patrimoine rigoureuse :

  • Risque de perte en capital : le PER ne garantit pas le capital investi sur les supports en unités de compte ; seul le fonds euros (quand il est présent) offre une garantie contractuelle
  • Illiquidité : le PER est un produit tunnel dont les déblocages anticipés sont strictement encadrés (acquisition résidence principale, accidents de la vie définis réglementairement)
  • Incertitude fiscale : les règles fiscales du PER ont déjà évolué plusieurs fois depuis 2019 ; une vigilance sur les évolutions législatives futures est recommandée
  • Hausse des prélèvements sociaux : le passage de 17,2 % à 18,6 % alourdit mécaniquement la fiscalité des gains accumulés, quelle que soit la durée de détention

Conclusion

Les modifications apportées au PER par la loi de finances 2026 redessinent les contours d’une enveloppe qui reste centrale dans la stratégie d’épargne retraite des ménages français. La fin de la déductibilité des versements après 70 ans invite à reconsidérer les calendriers de versements et les stratégies patrimoniales construites autour de ce produit.

L’extension du report de plafonds à 5 ans constitue, en revanche, un assouplissement bienvenu pour les épargnants aux revenus variables ou ceux qui souhaitent accélérer leurs contributions dans les années précédant la retraite. Ces évolutions illustrent l’importance d’un suivi rigoureux et personnalisé dans le cadre d’un conseil en gestion de patrimoine adapté à chaque situation.

Ces informations sont fournies à titre purement informatif et ne constituent pas un conseil en investissement au sens de la réglementation en vigueur. Nous vous recommandons de consulter un professionnel agréé pour toute décision patrimoniale.

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